28 Avril 2026 / News

Plaine Chassart : faire le tour de la terre

La Plaine Chassart

À Wagnelée (Fleurus), un site de 5 hectares assume pleinement son passé de distillerie. Des bâtiments d'époque y côtoient des hangars flambant neufs. En saison, 150 à 200 camions d’entrepreneurs de jardin s'y arrêtent chaque jour. Un ballet continu anime la Plaine Chassart, producteur et distributeur de produits destinés aux professionnels du jardin.

À la Plaine, chaque époque a laissé son empreinte. Dans les années 60, Chassart faisait vibrer les verres avec son peket belge avant de devenir une champignonnière. Celle-ci est reprise en 2003 par une nouvelle génération de Dumont de Chassart sur un site à la croisée de trois provinces (Hainaut, Namur et Brabant wallon). Une nouvelle activité y voit le jour : produire des terreaux, des mélanges de terre, des amendements de jardin.

Depuis, le périmètre n’a cessé de s’élargir : semences, engrais, clôtures, métalliques, paillages, outils. En 2019, l’entreprise acquiert Mathias Bois, spécialiste du bois de terrasse et de construction. Un an plus tard, elle rachète son fournisseur Sepulchre, actif dans les barrières anglaises et clôtures en châtaigner.

Début 2026, Mathias Bois a d’ailleurs été intégré au site unique de Wagnelée. « Nous avons rapatrié l’entreprise pour proposer un service global, au même endroit, avec des gammes complémentaires », explique Olivier Rossey, directeur adjoint.

5 hectares de terrain de jeu

Aujourd’hui, la La Plaine Chassart propose plus de 2 000 produits répartis sur une dizaine de gammes et accompagne plus de 1 000 clients en Wallonie. Les entrepreneurs de jardin constituent l’essentiel de la clientèle (85 %), aux côtés des particuliers (15 %). Tous viennent pour le même avantage indéniable : trouver, en un seul endroit, l’ensemble des solutions nécessaires à leurs chantiers. En parallèle, la Plaine livre partout en Belgique en vrac, en camion-plateau, en grappin, en semi-remorque, grâce à un réseau de partenaires locaux.

« Sambrinvest nous a permis de réaménager une partie du site et de développer toute notre production avec des nouveaux bâtiments », se réjouit Olivier. Un bâtiment à terre et des bâtiments à mélange sont déjà opérationnels. Un nouveau bâtiment à Big Bag et palettes est attendu pour octobre, avec des effets sur la logistique qui se feront sentir d'ici une bonne année.

Cercle vertueux

Partenaire des entreprises de construction, l’entreprise valorise des terres de qualité issues des travaux de terrassement en zone agricole. Trop souvent considérée comme un déchet, la couche supérieure du sol est pourtant la plus riche. Associées à d’autres matières premières, comme du sable, de l’alsil, de la fine de lin, du compost vert, ces terres donnent naissance à des mélanges spécialisés : gazon, terres potagères, substrats sur mesure. « On récupère ces terres, on les transforme en matières premières de qualité et on les renvoie dans les jardins belges via nos clients », précise Olivier. La même logique s’applique aux déchets verts des entrepreneurs clients envoyés en centres de compostage avant de revenir enrichir les mélanges.

Chaque année, ce sont ainsi près de 15 000 tonnes de matières qui sont revalorisées dans une logique de circuit court. Une approche vertueuse et concrète de l’économie circulaire, qui a valu à la Plaine Chassart de remporter le Prix Go Circular Wallonia en 2022.

Un conseil qui a le goût du terrain

Derrière le comptoir, les profils sont volontairement mélangés : des horticulteurs sortis des écoles, et des entrepreneurs de jardin avec 20 à 25 ans d'expérience terrain. « Le conseil technique est très important pour nous », insiste Olivier Rossey. « On a des profils techniques et des profils de terrain. Ces entrepreneurs ont placé toutes les gammes par toutes les météos, donc quand ils donnent un conseil, cela a une autre saveur. »

S'adapter sans s'éparpiller

Face au changement climatique qui vient challenger les jardins, la Plaine Chassart ne reste pas les bras croisés. L’entreprise propose des semences plus résistantes à la sécheresse, élargit ses gammes d’arrosage et organise des formations dédiées aux entrepreneurs. Dans le choix de ses matières premières, elle privilégie également les circuits courts. « On essaie vraiment de ne pas faire des transports trop longs », glisse Anne-Joëlle Wouters, directrice générale.

Malgré les incertitudes géopolitiques et la hausse des prix des matières premières, le secteur tient bon. « On sent que les Belges ont un besoin de jardiner, de se sentir bien chez eux. Notre secteur reste privilégié », observe Anne-Joëlle.

Distillerie, moulin à vapeur, fabrique de sucre de betteraves, péket, champignonnière ne sont qu’un aperçu des activités historiques du site. Malgré son riche passé, la Plaine Chassart peut aussi regarder droit devant : « Il y a encore une belle marge de progression devant nous, aussi bien dans les nouvelles matières premières que dans la digitalisation de nos processus. Il y a encore de belles choses sur la table pour continuer à être meilleur demain. », s’accordent Anne-Joëlle et Olivier.

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