26 Février 2026 / News

Calyos : refroidir sans consommer

Antoine de Ryckel

C’est un peu comme une cocotte-minute. La chaleur crée de la vapeur, la vapeur circule, transporte l’énergie thermique et l’évacue. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. On appelle cela, plus savamment, le transfert de chaleur diphasique.

Dans un bâtiment du zoning de Jumet, Antoine de Ryckel, CEO de Calyos, nous raconte cette technologie presque invisible. Un système passif, sans pièce mobile, sans apport d’électricité, sans maintenance et d’une efficacité radicale.

Une technologie née du spatial

Leader mondial dans son domaine, Calyos est l’enfant prodige d’Euro Heat Pipes, spécialiste dans le refroidissement d’électronique pour satellites. De cette exigence est née l’ambition de faire descendre cette technologie spatiale sur des marchés terrestres aux enjeux colossaux.

Le refroidissement représente une part significative de la consommation énergétique, notamment dans les data centers. Calyos y répond par une technologie disruptive, d’autant plus stratégique que sa production est réalisée en Europe.

Une équipe de passionnés

Fondée en 2012 par Olivier de Laet, toujours actif dans l’entreprise, Calyos rassemble aujourd’hui une vingtaine de collaborateurs. Ils travaillent sur des solutions destinées à la mobilité électrique, au computing, aux data centers, aux systèmes énergétiques ou encore à la conversion de puissance.

Des ingénieurs concentrés sur des écrans, des prototypes, des bancs d’essai entourés de câbles : « Nos ingénieurs travaillent sur des sujets passionnants. C’est un métier assez sympa », sourit Antoine de Ryckel.

La résilience en intraveineuse

Antoine arrive comme CEO en 2020, il se souvient : « Pour être honnête, ces moments ont été difficiles. Au début, c’était de la gestion de crise. Mais malgré tout, la technologie avait du sens. On y croyait. Il fallait être résilient. »

Pour Calyos, la résilience n’est pas un slogan. Elle fait partie intégrante de son ADN. Une capacité à encaisser, à pivoter, à se relever.

Des cycles (trop) longs

Les marchés adressés par Calyos sont stratégiques et en pleine croissance. Mais ils ne laissent aucune place à l’approximation. Les solutions développées par l’entreprise sont intégrées au produit final des clients. Autrement dit, leur destin est intimement lié au succès ou à l’abandon de ces produits.

Antoine se souvient d’un moment critique. Il était prévu de produire 100.000 pièces par an à Jumet. L’usine était en cours de montage et puis le client a décidé de ne pas lancer le produit.

Calyos ne tient pas toujours le volant. Cette réalité impose une discipline stratégique permanente : se diversifier pour ne pas dépendre d’un seul acteur, rester agile dans l’exécution, et maintenir une lecture fine des opportunités.

DIANA, une vitrine internationale

En 2025, Calyos est retenue dans le programme DIANA de l’OTAN (Defence Innovation Accelerator for the North Atlantic). Sur plus de 3.600 candidatures, l’entreprise est sélectionnée pour intégrer plusieurs challenges technologiques, dans la catégorie « power and energy » : comment optimiser l’utilisation de l’énergie dans des systèmes de défense.

«L’incubateur A6K nous a aidés à revoir le dossier. Deux spécialistes ont pu nous conseiller. L’écosystème de Charleroi a vraiment joué un rôle.»

Le programme agit comme un label qui crédibilise la technologie. Des regards se tournent, des portes s’ouvrent. Mais Antoine reste lucide : « Le vrai impact, on le mesurera dans quelques mois. Si cela se traduit par de nouveaux clients. »

Le rôle structurant de Sambrinvest

Pour son CEO, sur ce long fleuve loin d’être tranquille, le soutien des actionnaires a été déterminant. Notamment celui de Sambrinvest, présent depuis la constitution de la société.

Au-delà du financement, Antoine évoque l’accompagnement dans les périodes critiques, mais aussi la capacité à fédérer les investisseurs lors des tours de table : « Il y a toujours un regard, une compréhension que ce que l’on fait n’est pas simple. Il faut des investisseurs qui comprennent les cycles longs, les risques, les délais. »

Pour l'heure, l’entreprise compte une vingtaine de clients et se concentre davantage sur l’opérationnel et la conversion vers la production. « Les défis ont changé. Aujourd’hui, il faut convaincre les clients de passer à l’échelle industrielle », conclut Antoine de Ryckel.

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